Haïti - Économie : Le budget 2017-2018 contre les intérêts des plus vulnérables

 

Des organisations de la Société Civile et du secteur des Droits Humains, signataires d’une note datée du 11 septembre 2017, constatent avec « stupéfaction » que le Sénat et la Chambre des députés ont voté le projet de la loi de finances 2017-2018 soulignant que « les économistes et d'autres experts s'accordent sur le fait que ce projet de loi aggravera davantage la situation des couches vulnérables et s'inscrit dans une dynamique de mauvaise gouvernance. »

Les signataires rappellent que le 2 septembre dernier devant la Commission sénatoriale Finances et Économie, « les organisations de la société civile et du secteur des droits humains, avaient été unanimes à affirmer que cette loi était discriminatoire et pénalisait considérablement la population haïtienne qui vit déjà dans une grande précarité [...] »

Pour ces organisations de la société civile en général et le secteur des droits humains en particulier, cette loi de finances indique clairement que la question des droits humains ne constitue pas une priorité pour l'administration Moïse-Lafontant citant :

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  • « Les taxes illégales et droits de douane nouvellement créés pour atteindre l'augmentation de 30 % prévus, affecteront directement les plus pauvres ;

  • Le secteur social est traité en parent pauvre ;

  • Une pitance est accordée au fonctionnement du pouvoir judiciaire, en particulier le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) ;

  • Le service de la dette est passé de dix milliards trois cent cinquante-deux millions à quatorze milliards cent soixante-dix-neuf-millions ;

  • 11 milliards cent quarante-huit-millions sont consacrés à la rubrique Interventions publiques sans autres précision. »


Ajoutant « le Président de la république dispose de près de 5 milliards de gourdes pour les activités de sa caravane sans que le Parlement, instance de contrôle des actions de l'Exécutif n'exige aucune reddition de comptes. »

Les signataires concluent que cette ratification « confirme que le Parlement n'exerce pas son pouvoir de contrôle et ne travaille pas dans l’intérêt de la population. Ce vote est inconstitutionnel (article 218 et suivants de la Constitution) et disqualifierait la fonction parlementaire. Cette loi enfoncera le pays dans le trou de l'inégalité sociale, de la misère, de la grande corruption et de l'injustice. »

Signataires : Me Gédéon Jean (CARDH), Dr. Jeunne Murjorie Joseph (URAMEL), Pierre Espérance (RNDDH), Me Joseph Maxime (RONY-POHDH) et Jocelyne Colas Noël (CE-JILAP).



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